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ARTICLE DE PRESSE |
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Cryptel No5 (1999)
Les Catacombes Acte II
(Le texte ci-dessus est un coupé/collé extrait de Cryptel No 5)
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Les Catacombes de Paris Acte II
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Seb avait désiré ce soir-là nous faire découvrir un
endroit qui sort de l'ordinaire. Il nous avait prévenu : "La première
descente, c'est le genre de soirée qu'on ne peut pas oublier." Il avait
décidé de nous emmener dans cet endroit mystérieux qu'il appelait les
Catas. |
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Une fois en bas, c'était l'étonnement général devant ces galeries creusées dans la roche calcaire et partant dans trois directions, sauf pour Seb qui se sentait chez lui, bien qu'on remarquait dans son regard un émerveillement certain pour ces galeries sous Paris dont parfois la lumière de ma Maglite ne touchait pas le bout. Seb nous avait demandé de tous venir revêtus de vieux habits, et d'être tous équipés d'au moins une lampe. Seb avait une vieille lampe de mineur, qui dégageait un halo de lumière qui permettait de tout voir autour de nous. Je comprenais maintenant vraiment la nécessité des lampes, car là-bas il est extrêmement rare de croiser un photon venant de la surface. "Seulement lorsqu'on passe en journée sous un puits" me répondit Seb quand je lui ai posé la question. Il prit une des trois galeries, en direction du nord d'après moi, mais j'ai très vite perdu tout sens de l'orientation. Et c'est quelques centaines de mètres plus loin que nous avons réalisé combien nos vieux jeans et vieilles chaussures étaient utiles. En effet, nous avions les pieds dans l'eau. Une eau claire, certes, mais seulement quand on est le premier à marcher dedans ! Et ne connaissant absolument pas le chemin et étant déjà incapable de revenir à la sortie, je ne pouvais pas avoir le luxe de passer en premier. Seb avait des cuissardes de pêcheur. J'ai voulu lui faire remarquer qu'il aurait pu nous dire d'emmener des bottes quand tout-à-coup l'eau devint de plus en plus profonde et nous arrivait déjà jusqu'aux genoux. J'ai alors compris l'inutilité des bottes. Seb en profita pour préciser : "Lorsque les galeries sont inondées, il est rare que le niveau de l'eau dépasse la moitié des cuisses. C'est pourquoi les cuissardes sont très pratiques. Mais, par exemple, la galerie qui part à notre droite mène à un endroit appelé "La Plage Corse". C'est un lieu magnifique mais protégé par une hauteur d'eau montant très facilement au dessus du nombril. Alors les cuissardes là-bas..." |
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Galerie inondée |
La Plage Corse |
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Nous étions sous le 14ème arrondissement de Paris, quelque part entre le Parc Montsouris et la rue d'Alésia. Au fur et à mesure que nous arpentions les galeries, nous pouvions admirer différentes plaques gravées dans la pierre portant les noms des rues. Seb nous a fait remarqué que ce n'était pas systématique, bien au contraire. Nous avons pu observer des noms de rues comme "rue de la Tombe d'Issoire", "rue de la voie verte", "rue d'Alésia", et quelques autres. Mais, toujours d'après notre guide, certaines rues ont changé de nom, comme la rue de la voie verte qui n'est autre que l'actuelle rue du Père Corentin. C'est d'ailleurs près de cette rue que nous avons fait notre première pause après une demi-heure de marche, dans une salle gigantesque, une des salles les plus célèbres dans le monde cataphile, la Plage, appelé ainsi à cause du sable dont est recouvert le sol. |
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A notre grande surprise, nous vîmes de la lumière étrangère s'échapper de quelque part derrière les nombreux piliers qui soutiennent la Plage. Des jeunes, garçons et filles, buvaient leur bière et faisaient tourner le sbliff même aux nouveaux arrivés. D'autres groupes étaient dispersés dans la salle, il y avait dans chaque groupe au moins une lampe à acétylène comme celle de Seb. La salle suivante, Marie-Rose, à 300 mètres de la Plage, était presque autant peuplée. Pendant notre balade, nous nous arrêtions un instant dans chaque salle ou endroit particulier qui se trouvait sur notre chemin : Byzance, le Cellier, la Boutique, les Dinos, la Librairie, le Cabinet minéralogique sont tous des lieux qui ont leurs propres particularités. Le Cabinet Minéralogique est également un haut lieu des
Catas. On y trouve un petit escalier qui servait de présentoir pour les
différentes roches que les carriers trouvaient lors du creusage des galeries.
Un endroit très prisé pour les squats d'une nuit, puisqu'on y trouve des
pythons fixés dans les murs et les habitués du hamac y sont toujours
accrochés. Mais, si lorsqu'on s'arrête on enlève presque le pull, au bout
d'une heure sans bouger c'est le froid chargé d'humidité qui nous gèle, et là,
il ne reste plus qu'à repartir,sauf si on a pensé à emmener un duvet. En
continuant, le faisceau de ma lampe a rencontré un énorme nuage de fumée. Seb
s'est alors mis à rire et dit :"Axan doit être dans le coin, il aime bien le
quartier et les fumigènes il les aime bien aussi". Le fumigène d'Axan s'était
répandu sur des centaines de mètres, nous plongeant dans une vision extrêment
réduite, mais ça n'avait pas l'air de déranger Seb qui semblait plutôt ravi
que la progression devienne plus difficile. Quelques minutes plus tard, nous
avons bifurqué dans une galerie que le fumi avait radicalement oublié. Nous
avançions sous le cimetière du Montparnasse et nous nous approchions du
"Carrefour des morts", un ossuaire non officiel. On pouvait nettement voir
qu'on s'en approchait à la vue du nombre croissant d'ossements humains au bas
des murs. "Ca fait froid dans le dos hein ? C'est l'accès à un des ossuaires
du coin", Seb nous montrait un petit trou dans le mur, que l'on appelle une
chatière. La galerie était couverte d'ossements et faisait seulement 60
centimètres de haut ! Seb est passé le premier nous promettant une magnifique
salle au bout. Evidemment il s'était foutu de nous, et doublement, car le bout
de la galerie était un cul-de-sac... aller-retour en rampant sur les
ossements... j'aurai dû m'en douter de la part de ce mec ! Nous avons continué
en passant devant la tombe de Philibert Aspairt, un pauvre homme mort de faim
dans les catas il y a plus de 200 ans à une centaine de mètres de la sortie.
Il y a quelques années, il y a eu une fête mémorable pour le bicentenaire de
la mort de celui qui montre le chemin, le Saint-Patron des cataphiles. |
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La tombe est souvent décorée d'une bougie encore allumée, une habitude pour rendre hommage... |
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Nous sommes ressortis sans avoir vu le dixième des choses intéressantes du réseau du 14ème arrondissement : le Bunker allemand, la fontaine des Chartreux (une source d'eau potable parait-il), l'abri Faco, la mythique et gigantesque salle Z, les souterrains du Val de Grâce, l'Abri Laval, la Piscine, l'abri F.F.I... beaucoup de lieux chargés d'Histoire. A Paris, les catacombes ou plutôt les vides de carrières souterraines s'étendent principalement sous les 14, 15, 6 et 5ème arrondissements (environ 100 km de galeries). Un autre réseau important se situe sous le 13ème arrondissement (25 km), d'autres réseaux plus petits sous les 16ème et 20ème arrondissements. |
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Le carrefour des Morts, ossuaire principal |
La fontaine des Chartreux |
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Abri Laval, aussi appelé abri des Feuillantines |
Toilettes du Bunker allemand sous le lycée Montaigne |
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Il faut noter que les entrées des Catas sont
inlassablement fermées (plaques soudées, scellées, chatières d'accès au réseau
injectées) par l'IGC (Inspection Générale des Carrières) puis rouvertes
par les cataphiles. Dafalgan, pour Cryptel.
Linkographie : http://www.cyberkata.org/. Informations diverses sur les catacombes, nouvelles du monde cataphile, photos et plans. Merci à Vatoo, Aaah, JM, Mikasoft et tous les autres qui m'ont accompagné
lors de descentes mémorables et parfois de plusieurs jours (merci Drahiin
!).
CRYPTEL 1999: Distribution autorisée et
conseillée d'ailleurs !
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(c) h2o |
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