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Le Parisien du Lundi 6 Novembre 2000

Une pensée pour Guillaume  :o(

 

L'expédition tourne au drame à Bougival

Délivré des carrières par les pompiers


HIER MATIN, l'expédition entreprise par cinq jeunes âgés de 20 à 25 ans dans les carrières abandonnées de Bougival a tourné au drame. La périlleuse aventure souterraine s'est soldée par l'évacuation d'un jeune homme de 22 ans, grièvement blessé lors d'une chute. C'est pendant la nuit de samedi à dimanche que le petit groupe s'est engouffré dans les anciennes galeries de calcaire et de gypse qui courent sous les communes de Bougival et de Louveciennes. A deux kilomètres de la bouche d'entrée, l'un d'entre eux chute d'une hauteur de quatre mètres en tentant d'escalader une paroi. Par chance, l'un de ses amis peut donner l'alerte avec son téléphone portable, vers 2 h 45 du matin. Arrivées sur place, les équipes spécialisées de sapeurs-pompiers déploient d'importants moyens pour dégager le blessé et l'extraire des tunnels.

Une chute de quatre mètres

Après deux heures d'efforts, les secouristes parviennent à évacuer la victime, inconsciente et sérieusement atteinte. Elle est immédiatement transportée au centre hospitalier de Versailles. Son état était toujours jugé préoccupant hier soir. Ses coéquipiers rescapés auraient cependant prétendu se livrer régulièrement à la spéléologie. « Ils étaient complètement sous-équipés ! réagit François Cafaro, maire de Bougival. Leur expédition est un mélange de sottise et d'imprudence folle. » Mais l'imprudence est coutumière depuis que ces carrières ont cessé d'être exploitées, voilà une trentaine d'années. « Les terrains en surface sont pourtant privés et grillagés, donc interdits d'accès, reprend le maire. Mais des groupes de jeunes se sont toujours débrouillés pour passer outre. C'est une véritable plaie. Il y a trois ou quatre ans, les policiers ont même évacué une centaine de personnes rassemblées à l'occasion d'une rave-party. Les organisateurs avaient installé des groupes électrogènes dans les galeries. » Dans le secteur, le phénomène de rassemblement dans ces carrières qui trouent les coteaux de la Seine est bien connu des habitants. « C'est visiblement un lieu de réunion assez prisé. Cet été, une petite bande d'adolescents avait aussi entrepris de se réunir dans les souterrains et d'y allumer un feu, se souvient Daniel, de la toute voisine résidence la Montgolfière. Ils auraient pu s'étouffer là-dedans. De toute façon, dès qu'on bouche les accès, soit ils cassent les protections, soit ils trouvent un nouveau trou pour descendre. C'est un manège sans fin.>

Gaëtane Bossaert

 

 

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