Des villes bâties
sur du vide
par Guy Benhamou
En
France, 5 000 communes au moins sont menacées
d'effondrement. Un casse-tête pour
les maires et une angoisse pour les habitants.
L'ancienne carrière
découverte en plein coeur de
Gruchet-le-Valasse.
Les Gaulois craignaient que le ciel ne
leur tombe sur la tête. Mais, pour
plusieurs millions de Français,
le danger vient d'ailleurs. Il est bien
réel et ils ne le savent pas. Le
sol risque à tout moment de s'ouvrir
sous leurs pieds. Plus de 5 000 communes
du territoire métropolitain sont
en effet bâties sur un sous-sol miné
par des cavités oubliées.
D'immenses réseaux de galeries,
vestiges d'anciennes carrières remontant
parfois au Moyen Age, courent ainsi sous
de tranquilles quartiers pavillonnaires.
Et leur existence se rappelle à
nous lors de spectaculaires effondrements.
C'est le TGV-Nord qui déraille
après l'effondrement d'une galerie
souterraine, trois pavillons qui se lézardent
et sont évacués à
Bourgtheroulde (Eure), une chaussée
qui s'ouvre au Mesnil-Aubry (Val-d'Oise)
ou un chemin départemental qui manque
de disparaître dans un trou à
Thorigny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Parfois,
les conséquences sont plus dramatiques.
Le 1er juin 1964, à Issy-les-Moulineaux
(Hauts-de-Seine), une vingtaine d'immeubles
construits sur d'anciennes carrières
souterraines de calcaire s'affaissent,
faisant 21 morts, 50 blessés et
plus de 200 sinistrés. Le 11 mars
1991, vers 22 heures, un cratère
de 30 mètres de diamètre
s'ouvre sur la commune de Chanteloup-les-Vignes,
dans les Yvelines, et ensevelit deux caravanes.
Bilan : un disparu. Le danger
est partout, ou presque, et personne n'en
parle. Il n'est pas un seul département
français qui ne comporte une ou
plusieurs communes devant faire face à
ce risque, comme le souligne Jean-Michel
Rollot, maire (PS) de Pontoise depuis 1995,
fondateur et président depuis 1997
de l'Association des villes pour la prévention
des risques souterrains (AVPRS). «Toutes
les régions sont touchées,
affirme-t-il. Mais les principales zones
affectées sont l'Ile-de-France,
le Sud-Est entre Nice et l'embouchure du
Rhône, la Normandie, la région
Centre et la vallée de la Loire.»
Le cas de Paris est sans doute le plus
connu, avec ses carrières sous Montmartre
et sous le Val-de-Grâce. Mais c'est
aussi le moins problématique car
le mieux géré, depuis la
création en 1777 de l'Inspection
générale des carrières
(IGC), qui surveille et entretient les
quelque 770 hectares de vide subsistant
encore sous les rues de la capitale. En
revanche, pour les 1 500 autres communes
d'Ile-de-France directement impliquées,
il n'existe à l'heure actuelle pratiquement
aucune mesure de précaution. «Environ
7 millions de personnes vivent dans des
zones potentiellement dangereuses»,
estime Jean-Michel Rollot.
©
J.Chatin pour L'Express
Reboucher,
c'est la préoccupation de Claude
Laplace, maire de Gruchet-le-Valasse
(Seine-Maritime).
Et
encore ne s'agit-il là que d'une
évaluation. Car l'inventaire précis
des communes minées par des galeries
reste à faire sur le plan national.
La seule étude menée jusqu'à
présent remonte à 1994. A
l'époque, le Bureau de recherches
géologiques et minières (BRGM)
a dressé des cartes des «cavités
souterraines abandonnées».
Or cette recension est très incomplète.
En de nombreux lieux, la mémoire
collective a perdu la trace de ces excavations.
L'un des cas les plus criants concerne
les marnières, ces anciennes extractions
de craie utilisées avant la généralisation
des engrais pour amender les terres trop
acides. Environ 20 000 d'entre elles sont
plus ou moins bien répertoriées,
alors que les spécialistes estiment
leur nombre à 85 000 au bas mot.
De plus, certains maires refusent d'évoquer
le problème ouvertement. Ils savent
que, une fois officiellement informés,
leur responsabilité est engagée,
alors qu'ils se sentent parfaitement impuissants
face à ces dangers. Dès
le début de son mandat, Jean-Michel
Rollot a été confronté
à plusieurs effondrements à
Pontoise, en raison de l'existence d'un
important réseau de galeries souterraines.
Le 21 janvier 1999, la mairie s'est ainsi
retrouvée dans l'obligation de reloger
d'urgence 17 familles, à la suite
d'un effondrement survenu en plein centre-ville.
Et le service municipal de prévention
des risques souterrains, créé
par le nouveau maire, a répertorié
plus de 1 400 galeries et cavités
de toutes sortes. Un vrai casse-tête
pour les élus. «Le maire a
l'obligation d'agir, en tant que responsable
de la sécurité des personnes
et des biens, constate Jean-Michel Rollot.
Mais en fait, dans la plupart des cas,
il n'en a ni les moyens juridiques ni les
possibilités financières.»
Et pour cause : le sous-sol appartient
au propriétaire du terrain. Il est
impossible de financer sur fonds publics
des travaux concernant uniquement le domaine
privé. Le maire peut bien sûr
prendre des «arrêtés
de péril imminent» concernant
un bâtiment donnant des signes inquiétants
d'instabilité. Le propriétaire
se retrouve alors contraint de prendre
des mesures : en clair, de boucher le trou.
A condition qu'il ait les moyens de dépenser
entre 1 et 15 millions de francs pour les
travaux de comblement, ce qui est rarement
le cas. Quant aux assureurs, inutile de
compter sur eux : leur garantie ne s'applique
qu'en cas de déclaration de catastrophe
naturelle. «C'est un vrai problème,
souligne le maire de Pontoise, car les
moyens à mettre en œuvre sont hors
de portée d'un budget communal.
A Pontoise, il faudrait dépenser
600 millions en études et autant
en travaux pour régler les problèmes
connus. Cela représente deux fois
le budget annuel de la ville, et nous ne
connaissons qu'environ un tiers des cavités.»
L'arrêté
de péril imminent : arme dérisoire
des maires
Arme
dérisoire dans la main des maires,
l'arrêté de péril imminent
permet de faire évacuer en urgence
tout bâtiment suspecté d'affaissement.
Jacques Fluchère en a fait les frais
en novembre 1995, à Roquevaire,
dans les Bouches-du-Rhône. Installé
depuis 1987 avec sa femme et ses trois
enfants, il avait acheté un logement
sur le site d'une ancienne exploitation
de gypse, fermée depuis 1960. «On
nous avait bien dit qu'il y avait des vides
miniers, reconnaît Jacques Fluchère.
Mais cela ne nous a pas inquiétés.
Il y en a dans toute la région,
autour de la mine de charbon de Gardanne.»
Ces vides-là sont en général
situés à des profondeurs
supérieures à 800 mètres
et n'affectent pas la surface. «Seulement
là, manque de pot, ce n'était
pas des vides miniers, mais d'anciennes
carrières souterraines.» Avec,
par endroits, seulement quelques mètres
de roche et de terre entre le haut des
galeries et les maisons. En 1991,
l'expert-géologue Jean-Marie Deschamp
signale l'état désastreux
des sous-sols de la plâtrière
: absence d'entretien, circulation d'eau
ravinant les galeries, piliers fragilisés.
Le 29 juin 1995, à la demande de
la mairie, le géologue redescend
dans les galeries et rédige un rapport
alarmant. «Il apparaît tout
à fait imprudent de laisser la situation
en l'état et des mesures d'évacuation
des occupants et/ou de mise en œuvre de
mesures de soutènement et remblaiement
apparaissent indispensables.» Résultat,
les Fluchère et trois autres familles
occupant l'ancien corps de bâtiment
qui abritait les bureaux de la carrière
se sont retrouvés à la rue,
avec interdiction de remettre les pieds
chez eux. «La mairie nous a relogés
dans un HLM à 3 200 francs par mois,
mais il fallait continuer à rembourser
le prêt à la banque pour l'achat
de l'appartement. Au bout de six mois,
ce n'était plus possible, alors
nous sommes revenus.» En
novembre 1999, la carrière s'est
rappelée au bon souvenir des hommes.
Un énorme cratère s'est ouvert
le long du chemin communal passant derrière
la maison des Fluchère, la traverse
du Baou. Précisément à
l'endroit où le géologue
Deschamp avait annoncé, dans son
rapport de 1995, «l'imminence d'un
paroxysme d'effondrement». Le trou
d'environ 3 mètres de diamètre
passe au ras du terrain de Sylvain F.,
un retraité de 66 ans qui comptait
bien finir ses jours dans la maison bâtie
de ses mains. Et, selon les spécialistes,
le cratère situé en contrebas
de la maison du retraité devrait
s'élargir progressivement, jusqu'à
atteindre 20 à 25 mètres
de diamètre. Le 2 décembre,
il se retrouve à son tour frappé
d'un arrêté de péril.
Refusant d'évacuer, il est toujours
chez lui. «On ne me fera pas partir
d'ici, même en me tirant par les
pieds, si on ne m'indemnise pas.»
Problème, les galeries étant
d'origine industrielle récente,
l'état de catastrophe naturelle
n'a pas été reconnu, bloquant
ainsi toute indemnisation par les assureurs.
L'ancien propriétaire des terrains,
la firme Lafarge, dénie toute responsabilité.
«Nous avons hérité
de cette ancienne carrière, qui
fut exploitée par les Plâtres
du Vaucluse, à l'occasion d'une
fusion survenue bien après la cessation
d'activité, explique Dominique Lapierre,
porte-parole de Lafarge. Et, lorsque nous
avons vendu les terrains, en 1972, tous
les actes notariés comportaient
une clause précisant les risques
et les obligations d'entretien du sous-sol.»
Consigne manifestement restée sans
effets, comme le rappelle l'expert-géologue
dans son dernier rapport de 1998.
Au ministère de l'Environnement,
à Paris, on suit de très
près la situation de Roquevaire.
Inquiètes de la tournure des événements,
les autorités ont lancé une
procédure d'expropriation des riverains
concernés, ce qui permettra une
indemnisation sur la base d'estimations
calculées par les services de l'Etat.
Mais, pour Jacques Spinelli, il est sans
doute trop tard. Ce champignonniste exploitait,
à la suite de son père, une
partie des galeries de la plâtrière
de Roquevaire. «Lorsque l'arrêté
de péril est tombé, le 9
novembre 1995, se souvient-il, on m'a interdit
l'accès au site. On a laissé
pour plus de 500 000 francs de récolte
pourrir au fond. Mes 15 employés
ont été licenciés
et mon fils, qui devait prendre la suite,
s'est inscrit au chômage.»
Depuis, Jacques Spinelli revient souvent
sur les lieux. Il descend régulièrement
dans les galeries, qu'il connaît
comme sa poche. Dans ce dédale encombré
d'éboulis, il promène le
faisceau lumineux de sa lampe sur les parois,
signalant ici un nouvel éboulement,
là une fissure naissante sur un
pilier : «Tiens, elle n'y était
pas, celle-là.» C'est aussi
lui qui guide les ingénieurs chargés
des travaux. Car le conseil général
du département a décidé
de combler le vide sous la route départementale
45, menacée de disparition dans
les entrailles de la carrière. Le
chantier est estimé à 13
millions de francs. «Pour conforter
les maisons et la traverse du Baou, il
aurait fallu trouver 15 millions de plus,
soupire l'ancien champignonniste. C'est
dommage de ne pas avoir pu le faire, alors
que tout le matériel est sur place.»
©
J. Chatin pour L'Express
Lucien Lavice
dans son jardin, devant le puits d'accès
de l'ancienne carrière découverte
à Gruchet-le-Valasse
Reboucher, c'est aussi la préoccupation
de Claude Laplace, 70 ans, maire (DVD)
de Gruchet-le-Valasse, une commune de 3
000 habitants de Seine-Maritime, depuis
qu'un soir d'orage de février 1995
un énorme trou s'est ouvert dans
la cuisine de l'un de ses administrés.
Lucien Lavice, 65 ans, sa femme et sa mère
ont dû être évacués
par les pompiers, après que le carrelage
de leur cuisine eut laissé la place
à un trou béant de près
de 3 mètres de diamètre.
«La maison reposait sur le vide,
explique son propriétaire, encore
ému à l'évocation
de ces souvenirs. Entre les fondations
de chaque pignon, il n'y avait plus rien.»
Au lever du jour, les pompiers décèlent
un autre effondrement dans le jardin, qui
se révèle être un puits
de descente vertical. Des spécialistes
appelés sur place l'inspectent et
trouvent à 18 mètres sous
la surface une première galerie,
puis une seconde à 27 mètres
de profondeur. «C'est ainsi que l'on
a découvert une ancienne carrière
de pierre de 250 mètres de longueur
et 150 mètres de largeur sous le
village», soupire le maire. Les premiers
visiteurs feront même une trouvaille
archéologique, une poterie sans
doute abandonnée par les derniers
tailleurs de pierre, qui permettra de dater
la période d'exploitation au XIIe
ou au XIIIe siècle. Au
total, une dizaine de maisons se trouvent
sur du vide, en plein cœur du village,
entre la rue de la Croix et la rue de la
Geôle. Mais seule celle de Lucien
Lavice sera prise en compte au titre de
catastrophe naturelle. Les assurances paieront
les travaux, permettant ainsi aux Lavice
de regagner leurs pénates après
neuf longs mois passés dans une
caravane. «Ça fait vingt-sept
ans que je suis là. Cette maison,
je l'ai refaite entièrement de mes
mains. Je ne veux pas partir.» Lucien,
la casquette vissée sur la tête,
fait visiter son jardin, insensible au
crachin normand qui cingle. Il confie à
quel point cet événement
a marqué la famille. «C'était
moins une que je me foute en l'air. Et
maintenant, ma femme a peur dès
qu'elle entend un bruit.» Pour les
autres propriétaires menacés
pas question d'indemnisation ni d'aide
à titre préventif. Ils se
contentent, comme Micheline Hébert,
présidente de leur association,
de surveiller chaque jour l'évolution
des fissures dans les murets. «On
y pense sans arrêt. Cette maison
représente nos économies
de quarante ans de travail. Ce qui nous
traumatise le plus, c'est qu'elle ne vaut
plus rien. Zéro.»
Le maire, Claude Laplace, explique qu'il
se sent coincé: «L'Etat me
dit : "Si vous jugez qu'il y a un
risque, vous faites évacuer.'' C'est
facile à dire dans un bureau à
Paris. Ici, c'est plus difficile.»
La mairie a fait évaluer les coûts
comparés de l'expropriation de l'ensemble
de la zone, 6 millions de francs, et du
comblement complet des 7 000 mètres
cubes de galeries, 3 millions de francs.
«Voilà la solution, soutient
le maire. Non seulement c'est moitié
moins cher, mais surtout, l'expropriation
ne fait pas disparaître le danger.»
Reste à trouver les fonds et la
façon de les débloquer. Car
l'argent du contribuable ne peut, en principe,
pas servir à conforter des propriétés
privées. «La commune va verser
une subvention de 1 million de francs à
l'association», explique le maire,
qui a imaginé ce contournement de
la légalité. Le reste de
la somme devrait provenir des assureurs
et des propriétaires. Mais ces derniers
râlent contre les services fiscaux
de l'Etat, qui refusent d'exonérer
de TVA le chantier. «Alors, non seulement
on ne nous aide pas, mais en plus, on nous
ponctionne de plus de 600 000 francs»,
pestent les habitants concernés.
«C'est même dégueulasse,
tranche monsieur le Maire. D'autant que
si ça s'effondre demain, je peux
me retrouver en prison.»
©
G. Leimdorfer/AFP En
1991, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines),
des sauveteurs s'apprêtent à
remonter une caravane d'une excavation
provoquée par un glissement de terrain.
Pour
ne pas rester seuls face à ces équations
quasi insolubles, 66 maires d'Indre-et-Loire
se sont regroupés depuis 1985 dans
le Syndicat intercommunal pour la surveillance
des cavités souterraines et des
masses rocheuses. C'est que le département
peut s'estimer bien servi, avec au bas
mot 14 000 «caves» répertoriées,
représentant une superficie de 4
000 hectares de vide. Guy Nogier,
62 ans, président du syndicat, est
adjoint au maire de Saint-Avertin, commune
limitrophe de Tours. Chez lui, 30 kilomètres
de galeries courent sous les coteaux sur
plus de 60 hectares, et seulement la moitié
de ces souterrains ont été
explorés pour le moment. «On
a eu quelques affaissements de chaussée
sous des routes départementales,
rapporte-t-il, mais heureusement rien de
grave.» A Tours, c'est un bâtiment
appartenant à une congrégation
religieuse qui a été menacé
par un éboulement il y a deux ans.
Implantée à flanc de coteau,
la propriété est parcourue
par plusieurs galeries. Guy Nogier se glisse
dans l'étroit boyau qui descend
en pente raide à 27 mètres
sous la surface, et montre dans le faisceau
de sa lampe les rangées d'étais
métalliques qui soutiennent les
plafonds des galeries. «Il a fallu
évacuer, renforcer et faire procéder
à des remblaiements», explique
le président du syndicat. A Loches,
toute une zone du centre-ville est menacée.
Vouvray, Montlouis, Chinon, Rochecorbon,
Vernou-sur-Brenne figurent aussi sur la
liste des villes très exposées.
«Le syndicat ne s'occupe que des
interventions dans le domaine public, explique
Guy Nogier.» Il conseille aussi les
maires lors de l'établissement de
permis de construire ou de plans d'occupation
des sols. «Nous pensons que l'interdiction
totale n'est pas une bonne solution, estime-t-il.
Mieux vaut définir des zones sensibles,
notamment au travers des PPR, les plans
de prévention des risques.»
Il existe en effet une procédure
PPR dite «mouvement de terrain»,
applicable au problème des cavités
souterraines, censée rendre publiques
les zones à risques. Mais, à
l'heure actuelle, aucune n'a abouti. «Le
problème, c'est que le PPR, dans
sa philosophie, ne fait qu'organiser un
transfert des responsabilités vers
les particuliers, estime pour sa part Jean-Michel
Rollot. Une fois "informés''
de l'existence du risque, via le PPR, ceux-ci
deviennent aussitôt responsables
de ses conséquences, alors que beaucoup
d'entre eux ignoraient bien souvent, lorsqu'ils
ont acquis leur maison, l'existence de
galeries.»
Pour
le maire de Pontoise, «il faut que
l'Etat se dote d'un vrai service de prévention
des risques naturels». Il est rejoint
en cela par Christian Kert, député
des Bouches-du-Rhône et auteur d'un
rapport parlementaire sur «Les techniques
de prévision et de prévention
des risques naturels en France»,
paru en mai 1999. Dans ce document, qui
consacre un long chapitre aux cavités
souterraines, Christian Kert constate le
manque de structures spécialisées
dans l'étude et la gestion de ce
risque, alors que «de nombreux particuliers
sont confrontés à des problèmes
d'instabilité de carrières
souterraines sans qu'ils aient une possibilité
d'intervenir à titre préventif.
Ils sont de plus mal indemnisés
si un accident survient». Une situation
souvent ressentie comme injuste, alors
que les effondrements liés aux mines
ou anciennes mines relèvent, eux,
du Code minier, qui tient compte des dommages
causés. Il propose donc la création
d'un «service public spécialisé
en matière de sécurité
des bassins sous-cavés», qui
harmoniserait la réglementation
et soutiendrait les maires. Afin que les
vides abandonnés sous nos villes
ne se doublent plus de redoutables vides...
juridiques. |