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ARTICLE DE PRESSE |
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Le Monde du 01/06/2001
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Le "gruyère" du sous-sol parisien sous haute surveillance Les 280 kilomètres de galeries souterraines accessibles, dans les anciennes carrières de la capitale, font l'objet d'une inspection constante. Malgré la pluviométrie exceptionnelle des derniers mois, la montée de la nappe phréatique ne devrait pas menacer la stabilité de ce réseau.
DEPUIS le
1er mars, la rue des Martyrs, à Paris (18e
arrondissement), dans sa partie haute, est fermée à la circulation. Ce jour-là,
la chaussée s'est affaissée, laissant un trou de 5 mètres de profondeur et de 8
de long. Comme à chaque incident de ce type, l'Inspection générale des carrières
(IGC) a pris en charge le suivi des travaux. Si les résultats définitifs des
forages ne sont pas encore connus, pour Dimitri Spoliansky, adjoint à
l'inspecteur des carrières, "il apparaît que la carrière de gypse – un
sulfate hydraté de calcium naturel communément appelé pierre à plâtre – sur
laquelle se trouve la rue des Martyrs est en bon état, mais que les remblais de
la carrière à ciel ouvert qui est au-dessus d'elle, sur une dizaine de mètres,
sont détériorés". Cet affaissement est probablement dû aux écoulements
d'eau en surface. UNE MÉMOIRE VIVANTE De façon générale, lors de la construction d'un immeuble avec des parkings souterrains, les promoteurs choisissent d'installer une pompe afin d'éviter les remontées des eaux. Cette nappe connaît une remontée sensible de son niveau depuis le départ progressif des grandes entreprises consommatrices d'eau, comme les blanchisseries de Boulogne. Quant aux crues de la Seine, les barrages réservoirs, en amont de Paris, assurent une réelle protection (Le Monde du 3 avril) en limitant les inondations à des débordements temporaires sur les quais, comme ceux que l'on a connus ces derniers jours. En plus de la veille des eaux, l'IGC, obligatoirement consultée pour chaque nouvelle construction d'immeuble, est la mémoire vivante du sous-sol parisien depuis 1777. L'habitat parisien, depuis le Moyen Age, doit en grande partie les matériaux de construction de ses immeubles à son sous-sol. Une fois l'exploitation d'un site terminée, il était sommairement rebouché, laissant au fil des siècles une multitude de cavités et de galeries. Un arrêté royal a interdit toute extraction des pierres dans Paris intra-muros dès 1779, mais cette interdiction ne sera effective qu'avec la loi du… 14 décembre 1967, qui l'étend aux Hauts-de-Seine, à la Seine-Saint-Denis et au Val-de-Marne, à l'exception de plusieurs gisements de gypse en Seine-Saint-Denis. De son côté, l'IGC, rattachée à la Mairie de Paris, a étendu son champ d'action, en 1968, à ces trois mêmes départements. Toutes les galeries héritées du passé, le percement des tunnels pour le métro, les égouts, donnent aujourd'hui au sous-sol parisien son aspect de "gruyère" souterrain. Mais, selon l'IGC, ce "gruyère" n'est pas si fragile : Dimitri Spoliansky rappelle que la construction de cet ensemble, "parfois, s'appuie sur les voûtes des galeries et leur assure une stabilité. Contrairement à une idée généralement admise, le sous-sol parisien est solide". UN QUADRILLAGE SERRÉ Pour l'IGC, Paris n'est pas le plateau picard (Le
Monde du 8 mai) : la montée de la nappe ne menace pas ce sous-sol, au
demeurant très surveillé. Sous la houlette du service "division banque de
données techniques du sous-sol" de Michel Hameroux, l'IGC ausculte,
cartographie et surveille le territoire parisien, divisé en deux aires assez
distinctes. Au nord, une zone inaccessible par la surface – 65 hectares autour
de la butte Montmartre – de carrières de gypse. Dans cette zone, il faut
pratiquer des forages pour connaître l'état du sous-sol. Dans le sud, les
carrières de calcaire sont accessibles et s'étendent sur quelque 770 hectares
débordant sur les banlieues sud-ouest de l'agglomération parisienne. Grâce à
l'élaboration de 137 cartes au 1/1000e sur Paris (plus 320 pour les
départements limitrophes), les cartographes couvrent 95 % du sous-sol
parisien. Dominique Buffier |
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(c) h2o |
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