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Le Parisien du mercredi 06 Juin 2001

 

Neuilly-en-Thelle

Les affaissements inquiètent les habitants

NEUILLY-EN-THELLE, RUE DE PARIS ET PLACE DU MARECHAL-LECLERC.
Sous le garage de Christian Ducrocq, une galerie souterraine est apparue.
En attendant les experts, il y est descendu pour l'étayer. (LP/DV.) 

 

DEPUIS QUELQUES JOURS, l'agence de la BNP de la place du Maréchal-Leclerc est fermée. Un préfabriqué trône en face pour accueillir une clientèle qui s'interroge sur les raisons de cette fermeture. La façade de l'agence désormais couverte de panneaux de bois est vrillée. A l'intérieur des poteaux sont cassés, les papiers peints sont décollés. Le toit est déformé. Les panneaux de bois sont là pour réduire les risques au cas où la vitre blindée exploserait. Liliane Dufour, la propriétaire de la maison qui abritait l'agence, révèle que désormais « l'immeuble serait sur le vide ».

L'eau a envahi de nombreuses caves.

Un constat qui n'a pas été réalisé immédiatement. « Il était de plus en plus difficile d'ouvrir la porte de l'agence », explique un voisin. Le personnel installé dans le préfabriqué rejoignait régulièrement l'agence jusqu'à ce que le trottoir ne commence à s'effondrer. Une plaque de métal recouvre un trou qui depuis s'est agrandi. Un photographe est descendu dans ce que Liliane Dufour considère comme une galerie où de l'eau s'écoule. Fin mars, l'eau a envahi de nombreuses caves de la ville, la nappe phréatique remontant après les fortes pluies. Dans une ville où de nombreux souterrains semblent miner le sous-sol, les conséquences, sans être aussi dramatiques qu'à Tricot sur le Plateau picard, s'annoncent malgré tout critiques pour certains habitants. Ainsi, chez Gaston Colin, 9, rue de Beauvais, le sol du bureau s'est affaissé alors qu'il n'y a pas de sous-sol. Un espace de 20 cm s'est créé entre le mur qui sépare la pièce du couloir et le carrelage. « Cinq géologues sont venus nous voir en un mois. Ils veulent effectuer des forages pour voir si un souterrain ne passe pas là-dessous. Le 29 mars dernier, les sapeurs-pompiers nous ont fait évacuer les lieux. » La cave voisine était alors totalement immergée. « Avec ma femme, nous sommes revenus. Depuis, nous évitons d'aller dans cette pièce et attendons. En 50 ans, nous n'avons jamais vu cela. »
Son pied est passé à travers une dalle de béton Au numéro 7, chez Gilles Salentin, le boucher-charcutier, son voisin, la montée des eaux avait submergé réfrigérateur et casiers à bouteille dans la cave. « Nous avons eu jusqu'à 2,50 mètres d'eau dans la cave ». L'eau s'est retirée, mais les voûtes de calcaire se sont depuis affaissées. Même chose au numéro 11, chez Astrid beauté, la boutique de l'esthéticienne. A quelques mètres de là, au 4, rue du 8-Mai-1945, Christian Ducrocq raconte sa surprise lorsque son pied est passé à travers une dalle de béton. « Je refaisais les freins de ma voiture. » Installé dans une fosse de mécanique creusée dans son garage, il s'est rendu compte que le terrain s'était affaissé formant une sorte de galerie souterraine de plus de 2 m de profondeur qu'il a depuis étayée. « C'était le 15 avril. Je voulais remblayer, mais l'expert de l'assurance me l'a déconseillé. Il veut d'abord un carottage. En attendant, le mur du garage se fissure. » Pour les maisons et commerces touchés par ces affaissements, le classement de Neuilly-en-Thelle en zone sinistrée reste, semble-t-il, la seule issue pour obtenir un dédommagement de la part des assurances. La BNP a assigné Liliane Dufour au tribunal. « C'est normal », précise-t-elle en espérant que cela permettra de trouver une issue à la situation. « On pourra peut-être injecter du ciment dans ce trou. » Une solution que son voisin, le pharmacien, attend également. Des étais ont été posés en précaution sur les fenêtres du 1 e r étage de l'immeuble qu'il occupe. « On craint que l'immeuble entier bouge » si l'affaissement s'aggrave.

Daniel Vernet


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