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Le Parisien du Vendredi 19 Avril 2001
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XIV e La carrière de Port-Mahon n'est pas sauvée
ENFOUIE SOUS UN TERRAIN de plusieurs centaines de mètres carrés, entre la rue de la Tombe-Issoire et la villa Saint-Jacques, dans le quartier de Denfert-Rochereau, la carrière de Port-Mahon est de nouveau menacée. Aujourd'hui, en effet, un troisième permis de démolir et de construire est en cours d'instruction. Mont 14, l'association qui défend depuis dix ans le patrimoine de l'arrondissement, tire la sonnette d'alarme auprès de la nouvelle municipalité et fait circuler une pétition en faveur de la préservation du site. « Nous irons jusqu'à déposer un recours », confie Patrice Maire, son dynamique président. Depuis l'an 2000, les défenseurs de ce vestige archéologique classé - car il contient un ossuaire et une sculpture - ont cru la carrière de Port-Mahon sauvée. Après le tollé soulevé en 1999 par l'arrivée des pelleteuses sur ce terrain où une grange du XIV e siècle et une maison à porche du XIX e subsistent encore, l'ancien maire de Paris, Jean Tiberi, s'est refusé en effet à accorder le moindre permis de démolir et de construire. Et le nouveau permis en cours d'instruction risque aujourd'hui de se heurter à une forte opposition. Le nouveau maire de l'arrondissement, Pierre Castagnou (PS), qui a été un des premiers à demander le classement de la carrière, continue à défendre bec et ongles sa préservation. « Il faut que la Ville s'intéresse à ce site qui doit avoir une vocation publique, qu'elle soit culturelle, environnementale ou sociale. » Et si le dernier projet en date, conçu par la SCI du Lion de Belfort sur les instructions de l'Archevêché, propriétaire du terrain, a été profondément amendé par rapport à ceux qui se sont succédé depuis dix ans, les associations restent campées sur leurs positions. « Pourquoi protéger le sous-sol s'il risque d'être détruit par des fondations ou s'il reste à jamais inaccessible à cause des constructions en surface ? » souligne Patrice Maire. Le projet de la SCI Lion de Belfort conserve la façade de la vénérable grange ainsi que le bâtiment du XIX e siècle transformé en immeuble d'habitation à deux étages supplémentaires. Le 15-17 rue Saint-Jacques, « une mignonne petite maison de style troubadour », comme l'a qualifié la Commission du vieux Paris en octobre 1999, reste condamné. « Au prochain Conseil de Paris, je parlerais de Port-Mahon avec les adjoints au maire de Paris concernés, afin qu'une solution soit rapidement trouvée avec l'Archevêché », conclut Pierre Castagnou. Florence Sterg |
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(c) h2o |
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