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Le Parisien du 24/8/99

 

Les carrières refont surface

ATTENTION, risque d'affaissement ! Cette mise en garde pourrait être apposée sur presque la moitié du territoire val-de-marnais. Et les incidents constatés cet été à Villejuif et Gentilly font renaître la vieille crainte de l'éboulement. Car les carrières souterraines abandonnées font du sous-sol val-de-marnais un véritable gruyère. L'inspection générale des carrières a recensé 669 hectares sous-minés dans le département : 565 hectares par des carrières de calcaire, 104 hectares par des carrières de gypse. Des galeries souterraines essentiellement situées sur les communes du Nord Val-de-Marne. Ainsi, la quasi-totalité du territoire d'Arcueil et du Kremlin-Bicêtre est minée. A Gentilly et Charenton-le-Pont, la moitié de la ville est concernée. Saint-Maurice, Ivry et Villejuif sont touchés sur un tiers de leur surface, Cachan sur un quart...

Affaissements et effondrements

Cependant, les degrés de dangerosité ne sont pas tous les mêmes selon les communes. La nature de la carrière elle-même est primordiale. Les anciennes carrières de calcaire ont plutôt tendance à susciter des affaissements progressifs de la surface et donc visibles, tandis que les galeries de gypse ont tendance à provoquer des effondrements brusques non prévisibles, des voûtes se formant dans la galerie et se creusant jusqu'à atteindre la surface (phénomène de fontis). C'est ce dernier phénomène qui s'est produit en mars 1990 sous une résidence située rue Ambroise-Croizat. Même chose au début de ce mois de juillet, boulevard Chastenet-de-Géry, toujours à Villejuif où un trou de 4,50 m de côté s'est soudain ouvert au beau milieu de la chaussée. Avec les rues Guy-Moquet et Carnot, le boulevard Chastenet et la rue Ambroise-Croizat font d'ailleurs partie des secteurs de carrière de Villejuif dont l'état de conservation est jugé « mauvais » par les autorités. Si l'on se réfère au classement des communes sur les dangers représentés par les carrières, publié par la préfecture sur les risques majeurs dans le Val-de-Marne, le secteur de la plâtrière à Vitry et celui du Petit-Bois à Champigny sont dans le même cas. A Saint-Maurice, les secteurs du Val-d'Osnes, des Epinettes, du chemin de Presles, de la rue Aristide-Briand et de l'allée des Acacias sont jugés « médiocre à mauvais », de même que les rues Charles-Basée et Raspail à Fontenay. A Arcueil, Cachan, Charenton, Créteil, Gentilly, Ivry, Joinville, Le Kremlin-Bicêtre et Saint-Maur, l'état de plusieurs périmètres est jugé médiocre.

Des constructions surveillées

Et le temps ne joue pas en faveur d'une amélioration. L'urbanisation des coteaux, même maîtrisée, et l'érosion agravent le problème. Si le Val-de-Marne n'a connu aucun accident grave dû aux glissements de terrain, l'apparition d'importants fontis à Villejuif en 1975, 1990 ainsi que cette année, et à Vitry en mars 1994, reste dans toutes les mémoires. Et les deux effondrements de cet été réveillent l'inquiétude. Contre le risque, une seule solution : les mesures préventives. Les communes concernées ont pour consigne de prendre en compte la présence des carrières dans leurs plans d'occupation des sols. L'inspection générale des carrières est systématiquement consultée pour chaque permis de construire dans le périmètre d'anciennes carrières. Sondages et mesures de consolidation peuvent être imposées aux propriétaires candidats à la construction. Reste deux zones d'incertitude : tout d'abord, de nombreuses habitations et voiries ont été construites avant que ces mesures ne soient obbligatoires. Ensuite, les zones de carrières ne sont pas toutes connues et répertoriées... Si vous voulez en savoir plus sur le phénomène des carrières, vous pouvez joindre les services techniques de votre mairie, la direction départementale de l'Equipement (tél. 01.49.80.21.00.) ou l'Inspection générale des carrières à Paris, 1, place Denfert-Rochereau 75014. Tél. 01.43.21.58.00.