Inondations
| Cent dix communes
demandent indemnités |
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COURCELLES-EPAYELLES, COURANT AVRIL. Alors que les premières
maisons s'effondraient, la nappe phréatique continuait de monter. La décrue est
maintenant amorcée avec le retour du beau temps, mais elle réserve la découverte
de nouveaux dégâts. |
MAISONS qui s'écroulent, caves inondées, coulées de boue, routes endommagées
: le département de l'Oise, comme son voisin de la Somme, a payé un lourd tribut
aux inondations et à la remontée historique de la nappe phréatique. A l'heure de
la décrue, le bilan n'est que provisoire mais déjà terriblement dramatique pour
de nombreuses communes. Cent dix d'entre elles ont déjà fait leur demande auprès
des services de la préfecture pour être reconnues officiellement en situation de
catastrophe naturelle. Au-delà, un plan de prévention des mouvements de terrain
est à l'étude. Une première car, de mémoire d'homme, l'Oise n'avait jamais été
identifiée comme un département à risques. « La géologie du nord de
l'Oise fait que l'on rencontre beaucoup de craie et de calcaire » Le
retour du soleil a réchauffé le coeur des sinistrés de l'Oise. Mais les
dernières inquiétudes ne sont pas levées. La lente décrue de la nappe phréatique
va faire découvrir d'autres dégâts et de nouvelles catastrophes aux quatre coins
du département. Comme le soulignait Jacques Bocquet, le maire de Tricot, la
commune la plus touchée car certainement la plus vulnérable (le sous-sol est un
véritable gruyère calcaire où toutes les caves communiquent par le biais de
souterrains), le pire est à venir. De nouveaux effondrements sont à prévoir.
Jour après jour, de nouvelles communes souhaitent être reconnues comme
sinistrées : « Même s'il faut se réjouir de la décrue de la nappe phréatique, il
y a d'autres maisons qui bougent et qui s'effondrent, explique-t-on à la
préfecture. Dès lors, pour être correctement indemnisés par les assurances, les
maires ne tardent pas à faire leur demande de classement en situation de
catastrophe naturelle. »A titre d'exemple, pour les premières victimes des
inondations nous avions enregistré 45 dossiers début mars et 36 de ces communes
ont été reconnues officiellement comme sinistrées en avril. » On en recense
aujourd'hui 110 mais il est difficile de répertorier tous les dégâts : « La
géologie du nord de l'Oise fait que l'on rencontre beaucoup de craie et de
calcaire. Or, dans ces deux cas, l'action de l'eau est importante. Ajoutez à
cela la présence historique de nombreux souterrains et de grottes, et on
comprend mieux l'étendue des dégâts. » Des études sont donc actuellement menées
sur la nature du sous-sol, sur les risques encourus par les bâtiments : « Le but
est de mettre en place un plan de prévention de mouvements de terrain,
expliquait mercredi François Goudard, le préfet de l'Oise, en visite à Tricot.
Nous venons régulièrement en aide aux sinistrés du Plateau picard et six mobile
homes doivent être livrés mercredi soir pour Tricot et Courcelles-Epayelles.
Toutefois, sur le long terme, il faut engager une réflexion car l'on ne connaît
pas précisément toutes les conséquences de la décrue de la nappe phréatique. »
Victor Fortunato |