Article de Presse

Le Parisien du vendredi 25 Mai 2001

Inondations
Cent dix communes demandent indemnités

COURCELLES-EPAYELLES, COURANT AVRIL. Alors que les premières maisons s'effondraient, la nappe phréatique continuait de monter. La décrue est maintenant amorcée avec le retour du beau temps, mais elle réserve la découverte de nouveaux dégâts.  

MAISONS qui s'écroulent, caves inondées, coulées de boue, routes endommagées : le département de l'Oise, comme son voisin de la Somme, a payé un lourd tribut aux inondations et à la remontée historique de la nappe phréatique. A l'heure de la décrue, le bilan n'est que provisoire mais déjà terriblement dramatique pour de nombreuses communes. Cent dix d'entre elles ont déjà fait leur demande auprès des services de la préfecture pour être reconnues officiellement en situation de catastrophe naturelle. Au-delà, un plan de prévention des mouvements de terrain est à l'étude. Une première car, de mémoire d'homme, l'Oise n'avait jamais été identifiée comme un département à risques.
« La géologie du nord de l'Oise fait que l'on rencontre beaucoup de craie et de calcaire » Le retour du soleil a réchauffé le coeur des sinistrés de l'Oise. Mais les dernières inquiétudes ne sont pas levées. La lente décrue de la nappe phréatique va faire découvrir d'autres dégâts et de nouvelles catastrophes aux quatre coins du département. Comme le soulignait Jacques Bocquet, le maire de Tricot, la commune la plus touchée car certainement la plus vulnérable (le sous-sol est un véritable gruyère calcaire où toutes les caves communiquent par le biais de souterrains), le pire est à venir. De nouveaux effondrements sont à prévoir. Jour après jour, de nouvelles communes souhaitent être reconnues comme sinistrées : « Même s'il faut se réjouir de la décrue de la nappe phréatique, il y a d'autres maisons qui bougent et qui s'effondrent, explique-t-on à la préfecture. Dès lors, pour être correctement indemnisés par les assurances, les maires ne tardent pas à faire leur demande de classement en situation de catastrophe naturelle. »A titre d'exemple, pour les premières victimes des inondations nous avions enregistré 45 dossiers début mars et 36 de ces communes ont été reconnues officiellement comme sinistrées en avril. » On en recense aujourd'hui 110 mais il est difficile de répertorier tous les dégâts : « La géologie du nord de l'Oise fait que l'on rencontre beaucoup de craie et de calcaire. Or, dans ces deux cas, l'action de l'eau est importante. Ajoutez à cela la présence historique de nombreux souterrains et de grottes, et on comprend mieux l'étendue des dégâts. » Des études sont donc actuellement menées sur la nature du sous-sol, sur les risques encourus par les bâtiments : « Le but est de mettre en place un plan de prévention de mouvements de terrain, expliquait mercredi François Goudard, le préfet de l'Oise, en visite à Tricot. Nous venons régulièrement en aide aux sinistrés du Plateau picard et six mobile homes doivent être livrés mercredi soir pour Tricot et Courcelles-Epayelles. Toutefois, sur le long terme, il faut engager une réflexion car l'on ne connaît pas précisément toutes les conséquences de la décrue de la nappe phréatique. »

Victor Fortunato